Le TOTUM : lorsque l’union fait la force

En Naturopathie, il arrive souvent que l’on mentionne le terme de “totum” pour parler de l’efficacité d’une plante ou d’un aliment, utilisés dans leur entièreté plutôt que pour leurs composants séparés, appelés principes actifs. “ Le tout est plus grand que la somme des parties ” a écrit Avicenne, un philosophe et médecin persan. Mais que cela signifie-t-il exactement ?

Qu’est-ce que le totum ?

Le principe de totum établit le fait que l’action thérapeutique d’une plante dans son entièreté diffère de celle de ses principes actifs isolés. A ce titre, il faut noter qu’on parle généralement de totum en faisant référence aux végétaux. Ce terme peut toutefois être employé plus largement pour parler d’un organisme ou d’un aliment.

Chaque plante ou organisme est composé de milliers de substances actives qui interagissent entre elles. Ainsi, les considérer dans leur entièreté, c’est prendre en compte la complémentarité de leurs composants. Il existe une réelle harmonie physiologique, dans les mêmes proportions, entre les constituants de la plante et de l’organisme humain. En effet, les constituants du végétal issus du vivant présentent une certaine analogie de structure moléculaire avec ceux de l’être humain. Ainsi, il faut souligner qu’en plus des principes actifs d’une plante, interviennent aussi plusieurs paramètres tels que son environnement ( la pureté et la richesse du sol dans lequel elle a poussé par exemple ) qui viennent renforcer ou amoindrir ses propriétés.

L’efficacité des molécules actives de la plante ensemble est supérieure à la somme des propriétés de chacun de ses constituants.

Pourquoi utiliser le totum ?

Pris isolément, les principes actifs d’une plante possèdent un effet ciblé mais aussi restreint à leur action. A l’inverse, lorsqu’on utilise le totum, les résultats observés sont différents et permettent de traiter une plus large diversité de pathologies. Plus généralement, l’efficacité des molécules actives et utiles de la plante ensemble est supérieure à la somme des propriétés de chacun de ses constituants. En effet, la plupart des pathologies sont liées à un enchaînement de cofacteurs ne résultant pas seulement du dérèglement d’une seule fonction biologique – que les principes actifs peuvent cibler. C’est la complémentarité des constituants, que l’on retrouve dans le totum, qui présente une utilité thérapeutique. La synergie des principes actifs est un moyen efficace pour augmenter l’amplitude de la réponse cellulaire. L’efficacité dépend donc de la quantité proportionnelle de chaque principe actif. De plus, elle permet une utilisation à dose plus faible car plus complète.

Comme exemple de synergie efficace faisant appel à la notion de totum, nous pouvons prendre l’artichaut, connu pour ses vertus drainantes. Ses principes actifs pris séparément n’ont pas démontré d’action thérapetuique, mais le totum de la plante possède des actions reconnues.

Dans quelle forme l’utiliser ?

La forme galénique est importante pour permettre une meilleure absorption des principes actifs. Le but est de se rapprocher au plus près de la composition “au naturel”. C’est pourquoi il faut préférer dans le choix du complément alimentaire celui comportant le moins d’altérations ou d’additifs. Également, le respect du totum permet une meilleur assimilation des principes actifs car ces derniers étant présents en quantité égale à celle trouvée dans la nature, ils sont davantage biodisponibles.

L’intérêt du totum est donc de privilégier l’équilibre entier de la plante plutôt qu’un de ses composants. Son utilisation permet d’obtenir des résultats différents de ceux réalisés avec des principes actifs car le champ d’action est plus large et la dose de composants est moins importante, ce qui limite les phénomènes d’intolérance et les risques de surdoses. Enfin, l’utilisation du totum s’avère plus efficace pour guérir certaines pathologies que le traitement par principes actifs ciblés.

BIBLIOGRAPHIE :
Le totum en phytothérapie : Approche de phytobiothérapie, 1991 de J.-L. Sallé, éditions Broché
Ces plantes sont de vrais médicaments, publié le 09/05/2013, de Anne Jeanblanc pour Le Point
La phytothérapie de demain : les plantes médicinales au cœur de la pharmacie. Sciences pharmaceutiques, 2018, de Anne-Sophie Limonier. Thèse
Traité théorique et pratique de Phytothérapie Cyclique, science de la rééquilibration biologique de l’organisme, 1995, de Serge Dewit et Jean-Claude Leunis, éditions Roger Jollois

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